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Un gourou et sa secte d'esclaves sexuelles en procès à New York

Etats-Unis: Le procès du gourou Keith Ranière, soupçonné de diriger une secte d'esclaves sexuelles, s'ouvre à New York

ACCUSATIONBasée à Albany, capitale de l’Etat de New York, l’organisation a ouvert des centres dans plusieurs villes des Etats-Unis, du Canada ou du Mexique
20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Ils devaient être six sur le banc des accusés, mais le présumé gourou de 58 ans sera finalement le seul à comparaître. Le procès de Keith Raniere, qui aurait entretenu durant plusieurs années une secte d’esclaves sexuelles, s’ouvre ce mardi à New York avec la perspective de témoignages accablants de ses anciennes femmes de confiance.

Les cinq femmes, qui occupaient toutes des postes d’encadrement dans plusieurs organisations dirigées par Keith Raniere ont, l’une après l’autre, plaidé coupable et évité ainsi le procès. Reste « Vanguard », comme il se faisait surnommer, le cerveau présumé de ce système qui avait pour objectifs principaux, selon l’accusation, d’extorquer de l’argent aux adeptes et de satisfaire son appétit sexuel. Ils sont plus de 16.000, en vingt ans, à être passés par l’un des ateliers de Raniere, qui leur promettait notamment de « mettre à jour (leur) potentiel humain », à 5.000 dollars le stage de cinq jours.

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15 à 20 femmes sous influence

Beaucoup se retrouvaient rapidement endettés, au point de devoir travailler pour Nxivm (prononcer Nexium), l’organisation principale, afin de rembourser. Dès les débuts, Keith Raniere est soupçonné d’avoir entretenu un cercle de 15 à 20 femmes sous influence, avec lesquelles il avait des relations sexuelles à son gré. Comme dans beaucoup d’autres sectes, tout reposait sur la puissante influence psychologique du gourou, mélange d’enseignement pseudo-philosophique, d’attentions et de vexations.

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Personnage charismatique à l’allure christique, avec longs cheveux impeccables, barbe et lunettes cerclées, Raniere exigeait, entre autres, des femmes de son cercle qu’elles suivent un régime « extrêmement pauvre en calories » pour se transformer physiquement selon ses goûts. Basée à Albany, capitale de l’Etat de New York, l’organisation a ouvert des centres dans plusieurs villes des Etats-Unis, du Canada, du Mexique et d’autres pays d’Amérique centrale. En 2015, Raniere aurait créé une organisation parallèle pyramidale, baptisée DOS, qui comprenait des « esclaves » et des « maîtres ». Tous les membres étaient des femmes avec, au sommet de la pyramide, le gourou présumé lui-même.

Prison à perpétuité

Parmi les missions des « esclaves », figurait notamment l’obligation d’avoir des rapports sexuels avec Keith Raniere, à la seule discrétion du « Grandmaster », un autre de ses surnoms. Avant d’être acceptées comme esclaves, les femmes devaient fournir des « garanties », c’est-à-dire divers éléments compromettants pour elles-mêmes, photos, lettres, ou documents, que l’organisation se réservait le droit de rendre publics si elles quittaient DOS.

Certaines devaient aussi subir un « marquage », qui consistait à tracer sur la peau des lettres, souvent les initiales de Raniere, à l’aide d’un stylo à cautériser, qui brûlait les chairs. La victime était maintenue immobile par d’autres femmes et chaque séance était filmée. Après la défection de plusieurs membres et la publication d’un long article dans le New York Times, en octobre 2017, le gourou présumé s’est enfui au Mexique, où il a été interpellé, en mars 2018, dans une villa luxueuse de la station balnéaire de Puerto Vallarta.

Il est poursuivi pour trafic sexuel, extorsion, association de malfaiteurs et menaces. S’il est reconnu coupable de ces chefs d’accusation, Keith Raniere risque la réclusion à perpétuité. Leur coopération avec le procureur fédéral de Brooklyn, Richard Donoghue, laisse planer la possibilité que plusieurs des cinq cadres incriminées témoignent au procès contre leur ancien mentor et lèvent un peu plus le voile sur la secte.